Vêtu d'un maillot bleu et rouge du F-C Barcelone tout neuf, le jeune Britannique hurle dans son portable : « Devine où je suis ? Sur les Ramblas. À Barcelona ». Épatés, les copains de Manchester!
La marée humaine sur les célèbres ramblas ne s'arrête ni le jour ni la nuit, jalonnée de pauses devant des hommes-statue, des cages à canaris, des danseurs de hip-hop, des kiosques transformés en boutiques à souvenirs kitsch. En bas, côté port, paquebots, taxis, navettes larguent des bataillons de touristes disparates, du club de troisième âge gersois aux Britanniques, canettes de bière à la main. En haut, une noria d'autobus charge tout ce monde sur des impériales, direction les belles maisons de Gaudi, la Sagrada familia, les musées d'art moderne ou du stade Camp Nou. « Le centre ville devient un Disneyland insupportable. Mais cela fait vivre du monde », soupire Arno Esnau, 27 ans, graphiste et nationaliste catalan.
TOUTE L'ANNEE
Adios Ramblas. Pour leur « paseo » quotidien, les Barcelonais ont trouvé d'autres allées dans leurs quartiers, leurs banlieues. Cet envahissement agace. Jusqu'à présent, le tourisme de masse restait sur les plages. Les gens passaient une journée ou deux à Barcelone. Maintenant, c'est toute l'année : «ça commence le jeudi jusqu'au lundi quand arrivent les vols low coast, les cars et les voitures de France », raconte Arno, « on a tout pour les attirer : le soleil, les monuments, les expos, la fiesta ». Plus de 8 millions de passagers par an débarquent de toute l'Europe et du Japon à l'aéroport. Un complexe de 49 hôtels est en construction pour ceux qui ne sont pas encore venus. Ou qui reviendront.
Dans les années post-franquistes (1975-1990), la Catalogne a prospéré sur son industrie, le commerce et l'identité catalane. Puis elle a nettoyé, étendu et repoussé son port, chassé les SDF, enfermé les prostituées dans des « maisons » ordinaires ou de luxe .
Après les Jeux de 1992, les services, les universités, la spéculation immobilière (les prix sont ceux de Paris !) et le tourisme, sont devenus les piliers de l'économie. Les emplois qu'ils ont créés ont attiré des milliers d'immigrés d'Europe de l'Est ou d'Amérique du Sud. Le maçon est roumain, la femme de chambre équatorienne. La population étrangère est passée de 4 % à 12 % en six ans. « De moins en moins évident de se sentir catalan dans cette Babel sur Méditerranée » reconnaît Arno.
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=> Yo puedo testimoniar : Barcelona es LA ciudad de los turistas ...
Mais c'est, pour l'instant, la ville la plus belle que j'ai vu ... =P